Conférences

Jean-Baptiste Carpeaux, Femme assise sur un rocher, vers 1870, esquisse en terre crue, Paris, Musée d'Orsay

Carole Talon-Hughon

Une histoire philosophique des arts : la Modernité

Mercredi 6 Décembre 2017

Pourquoi le XIXe siècle a-t-il défendu « l’art pour l’art » ? Que signifia la création en 1863 d’un «Salon des refusés» ? Comment évolua le régime éco­nomique des arts plastiques ?
A partir de quelques-unes des questions qui parcourent le XIXe siècle, la conférence analyse la production et la réception artistiques de la Modernité, en examinant à la fois les œuvres, les acteurs et les courants, mais également les concepts même d’« art » et d’« artiste ».

Spécialiste d’esthétique et de philosophie de l’art, C. Talon-Hugon enseigne à l’université de Nice-Sophia Antipolis. Elle est présidente de la Société française d’esthétique et directrice de la Nouvelle Revue d’esthétique.
Elle est l’auteur d’une Histoire personnelle et philosophique des arts en 5 volumes, parue aux PUF, dont Modernité est le quatrième titre.

Bateaux course

Patrick Buti

L’oeil et la main. Restaurer un tableau

Mercredi 22 Mars 2017

Nettoyer, alléger, poser des facing, désentoiler, mastiquer, voici quelques-unes des opérations que subit un tableau entre les mains d’un restaurateur.
Comme celle d’un organisme vivant, la vie d’un tableau est soumise à l’usure, au vieillissement ainsi qu’à des altérations qui entraînent, à un moment ou à un autre de sa vie, une restauration. C’est une opération délicate et complexe, qui met en jeu des protocoles de diagnostic et de soins variés, et fait parfois appel à des techniques très sophistiquées.

Patrick Buti, restaurateur de tableaux dans son atelier du Poiré-sur-Vie, détaillera toutes ces opérations et évoquera le dialogue entre un artisan-historien de l’art et ces œuvres appelées à revivre une jeunesse perdue, telle que la rêvait le docteur Faust.

Fleury François Richard, Jacques de Molay, grand maître des Templiers, 1806, huile sur toile, 41 x 63 cm, Musée national du château de Malmaison.

Philippe Josserand

Portrait de maître en héros martyr. Jacques de Molay et les arts au XIXe siècle

Mercredi 25 Janvier 2017

Jacques de Molay n’a pas toujours été un héros. Pendant plus de quatre siècles, entre sa mort, en 1314, et le milieu du XVIIIe siècle, le dernier grand-maître de l’ordre du Temple fut même en bonne part oublié. C’est sous l’Empire, au tout début du XIXe siècle, qu’il ressurgit avec, coup sur coup, la tragédie de François-Just-Marie Raynouard et le tableau de Fleury Richard acheté au Salon par Joséphine. Ensuite, en deux à trois générations, il s’est imposé dans les mémoires pour n’en plus sortir jusqu’à aujourd’hui. Ainsi est né un héros, tenu pour martyr, et c’est aux ressorts de cette construction historique que l’intervention s’attache, en particulier à travers les arts, peinture et musique en tout premier lieu.

Ph. Josserand est normalien, agrégé d’histoire et ancien membre de l’École des Hautes Études Hispaniques, maître de conférences à l’Université de Nantes.
Auteur d’Église et pouvoir dans la péninsule Ibérique. Les ordres militaires dans le royaume de Castille 1252-1369 (Madrid, 2004), Prier et combattre. Dictionnaire européen des ordres militaires au Moyen Âge (codirection avec N. Bériou, Paris, 2009), La mémoire des origines dans les ordres religieux-militaires au Moyen Âge (coordination avec M. Olivier, Münster, 2012), Élites et ordres militaires au Moyen Âge. Rencontre autour d’Alain Demurger (avec Luís F. Oliveira et D. Carraz Madrid, 2015)

Paul Delaroche, Jeanne d’Arc malade est interrogée dans sa prison par le cardinal de Winchester, 18254, huile sur toile, Rouen, Musée des Beaux-Arts

Jacques Trémolet de Villers

Jeanne d’Arc. Le procès de Rouen (21 février – 30 mai 1431)

Mercredi 11 Janvier 2017

Conférence annulée

Neue Pinakothek Art Museum Munich

Pauline Schmitt-Pantel

Les mythes grecs au coeur des cités. Des Danaïdes à Médée, quelques figures de femmes migrantes

Mercredi 7 Décembre 2016

Pour mesurer la place et l’importance des récits mythiques dans le quotidien des cités, il faut rappeler comment les mythes étaient connus des Grecs, dans quels lieux et à quelles occasions ils étaient récités, quel était leur rôle dans les relations entre cités et quelles transformations ils ont subi au cours de l’histoire.

En s’intéressant à Médée et aux Danaïdes en tant que femmes migrantes, P. Schmitt Pantel lie ces grandes figures mythologiques avec l’actualité, créant ainsi un pont entre la lecture des mythes antiques et le questionnement des sociétés contemporaines.

Boucher...ploucs affiche

Alain Delaval

Boucher à l’usage des ploucs

Mercredi 23 Novembre 2016

François Boucher, peintre favori et protégé de Madame de Pompadour, assura son succès commercial et sa renommée artistique par ses scènes de bergeries galantes dans la décoration des lambris de ses salons.
La bourgeoisie nantaise de l’époque des Lumières en a perpétué la vogue jusqu’à l’époque où elles étaient complètement passé de mode. La conférence s’attachera à démontrer comment ce Boucher « à l’usage des ploucs » est révélateur du goût provincial dans la décoration des salons nantais au XVIIIe siècle.

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Olivier Sauzereau

Peindre l’éther. Le cosmos, l’astronome et l’artiste

Mercredi 18 Mai 2016

Tout au long de l’histoire, des artistes ont été inspirés par le ciel, le monde des planètes et les étoiles. Cette conférence a pour objectif de (re)découvrir, avec un regard d’astronome, des œuvres graphiques traitant du monde des étoiles, mais également de montrer que des artistes furent parfois au service des astronomes dans la réalisation d’outils scientifiques – Albrecht Dürer par exemple, dans la réalisation de l’une des meilleures cartes célestes de l’époque, ou encore Van Gogh et l’étonnante précision astronomique de ses “nuits étoilées”.

La conférence est un regard porté par un photographe en astronomie, historien des sciences, qui s’est lui-même fait une spécialité de photographier les phénomènes astronomiques avec une démarche artistique.

Omnibus Baudry

André Péron

La ville au trot. Quand Nantes invente l’omnibus

Mercredi 9 Mars 2016

En 1826, Stanislas Baudry inaugure à Nantes les premières lignes de transport en commun urbain avant de lancer, en 1828, ses omnibus à la conquête du pavé parisien.
Très vite adoptées par les grandes villes européennes du XIXe siècle, ces voitures « ouvertes à tous » vont modifier profondément l’expérience urbaine des citadins.

Par-delà Nantes, c’est la vie urbaine des villes du XIXe siècle qui est modifiée par cette invention. Sillonnant les artères de la ville, l’omnibus en règle le pouls. Il dit l’urgence des affaires, le brassage des foules anonymes et devient l’emblème du mouvement accéléré du progrès avant de s’effacer devant le tramway.

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Cyrille Sciama

James Tissot, peintre prodigue. De Nantes à Londres

Mercredi 27 Janvier 2016

Peintre, graveur, dessinateur, céramiste, James Tissot (1836-1902) incarne le succès du portraitiste mondain, recherché par toute une élite.
Ami d’Edgar Degas et d’Edouard Manet, proche de James Mc Neill Whistler et John Everett Millais, Tissot fut un artiste multiple et ambigu, dont les oeuvres sont objets d’interprétation et de débats passionnés.

Sa fuite de Paris à Londres et son installation pendant une dizaine d’années dans la capitale britannique bouleverse son art. Il développe une vision originale de Londres et y rencontrera sa muse Kathleen Newton, qui deviendra sa principale source d’inspiration.

A l’occasion de la dernière exposition internationale consacrée à l’artiste à Rome et Turin, la conférence mettra en lumière les oeuvres de ce Nantais à la gloire précoce.

Case p. 34

Jean Dytar

La vision de Bacchus ou la peinture à Venise (1475-1510)

Samedi 5 Décembre 2015

Dans les années 1475, Antonello de Messine, peintre sicilien, arrive à Venise. Il apporte avec lui une toile mais aussi quelques secrets de fabrication propres à révolutionner le milieu artistique vénitien. Répondant à la demande d’un commanditaire, Antonello va peindre un nu, véritable chef d’oeuvre qui  déterminera, des années plus tard, la vocation du peintre Giorgione.
Avec quelques toiles majeures autour desquelles s’articule l’intrigue, Jean Dytar brosse une extraordinaire évocation  du milieu des peintres vénitiens en cette fin de XVe siècle, abordant le travail des ateliers, l’apport de la peinture flamande, l’usage de la camera oscura.
L’époque est remarquablement documentée, le contexte artistique foisonnant, le récit romanesque poignant.

Calliopé fait dialoguer Jean Dytar (auteur de bande dessinée) et Adeline Collange (conservatrice d’art ancien au Musée des Arts de Nantes) : la mise en parallèle du récit romanesque et d’un commentaire scientifique est l’occasion de reprendre, développer et contextualiser quelques-unes des questions techniques et stylistiques abordées dans la bande dessinée.

 

La Vision de Bacchus a obtenu le prix de la bande dessinée historique à Blois en 2014, le prix du Château de Cheverny 2014 de la Bande Dessinée Historique, le prix Ouest France Quai des bulles 2014 de la meilleure Bande Dessinée